A la perte du temps retrouvé


Le temps que Proust s’est investi à retrouver, moi je l’ai perdu. Car le temps, une fois perdu, résiste à toute tentative de retrouvailles qui le confine dans un présent impossible. En fait, il n’y a pas de temps présent. À mesure que vous lisez les mots de cette phrase, vous quittez le présent et votre expérience de lecture s’inscrit indubitablement dans le passé. Ce qui souligne le caractère paradoxal de la notion du temps. À mesure que vous avancez dans la lecture, vous quittez le présent, ouvrez les portes du futur tout en inscrivant votre expérience dans le passé. La notion du temps est insaisissable. Croire que le temps peut être retrouvé relève de la chimère. Le temps défile. Comment puis-je m’enorgueillir de l’avoir retrouvé?

6 réflexions sur “A la perte du temps retrouvé

  1. 2 réponses à “A la perte du temps retrouvé”
    ibnkhaldoun dit :

    Entre passé et futur la frontière n’est que mirage. Le présent n’est-il pas plus un concept qu’un temps ?…Une autre question serait: quand-est-ce que le présent commence et quand-est-ce qu’il finit ?
    M.C dit :

    Cette frontière est-elle vraiment le présent? Dans l’affirmative, il s’agirait moins d’un concept que d’un sentiment (soumis aux aléas de la vie de l’être). Or, il ne s’agit pas de présent mais plutôt de temps en général. Ce dernier, existe-t-il tel que nous pensons qu’il existe? Est-ce possible de le vivre? de le voir défiler? Est-ce possible de le voir ou s’agit-il d’une illusion d’optique? Le temps psychologique y est-il pour quelque chose? Tas de questions auxquelles il faudrait, ma foi, trouver réponses…

  2. La Tachghali albala bimadi azzamane wa la biaati alghaybi quabela alawane,wa ghnam mina alhadiri laddatihi falaisa fi tab3i allayali alamane.
    Dixit Omar Al Khayyam.

    1. Poème extra pour un poète ultra. Merci de me l’avoir fait découvrir. Le personnage qu’il décrit dans son poème ressemble-t-il à quelqu’un en particulier?

      1. Oui en effet. Il ressemble à quelqu’un je connais, qui persiste à vouloir être le spectateur de sa vie au lieu de tenir le rôle principal. Et ce poème lui colle parfaitement, surtout quand le poète Hicham El Goukh évoque son lien avec l’exil…

        1. cette personne que vous connaissez et qui est décrite dans le poème ne serait-elle pas, comme la plupart d’entre nous, en train de jouer tout simplement son rôle dans cette grande pièce de théâtre qu’est la vie? Comment pourrait-elle prétendre y jouer le rôle principal, comme vous le dites, alors que nous tous ou presque n’avons que des rôles secondaires, tel que le dit si bien le poète? Aurions-nous toutes les raisons du monde de dire : Acta est fabula, tel le régisseur du théâtre antique qui annonçait par ces mots aux spectateurs que la représentation était terminée et qu’ils pouvaient se retirer?Je pense que oui, les jeux sont faits et pourtant la scène continue toujours !

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