The Reading Lesson

Autour d’une tasse de thé avec les sages (1)


Aujourd’hui, une nouvelle vague de violences meurtrières touche les quatre coins du monde au nom de je ne sais quelles identités sanglantes : des innocents terrorisés; des vieillards épouvantés; des enfants abandonnés; des mères violées; des pères assassinés; des diplômés humiliés; des jeunes évadés; des terres brûlées; des cimetières surchargés. Rien ne va plus. À qui la faute? A qui devrait-on porter le blâme? Qui paiera le prix?  L’heure est au recueillement. Une introspection est nécessaire, certes; une auto-critique, aussi. Quoique, comme disait mon voisin, un vieux Québécois de la classe moyenne: Quand les passions sont déchaînées, inutile de me demander de faire preuve de sagesse; tout se mélange dans ma p’tite tête.

Comme je n’ai pas d’autres sages à qui je pourrais demander sinon une explication, du moins une clarification de cette opiniâtreté incendiaire , je me dirige vers les livres en nourrissant mon espoir de pouvoir y trouver un brin de réponse à mes multiples interrogations. Y aurait-il meilleur compagnon dans nos incertitudes qu’un livre, « ce grand ami de l’homme », selon l’expression d’Al-Jahid?  

Pour ce faire, je vous invite à des séances paisibles de lectures éclectiques autour d’une tasse de thé en compagnie de grands auteurs qui ont déjà réfléchi sur les maux de notre monde contemporain. Je vous propose une sélection « spontanée » de quelques extraits de livres qui, à mon avis, pourraient nous éclairer dans toute cette obscurité qui empêche les rayons de soleil de nous réchauffer. Je l’alimenterai au fur et à mesure que mes notes de lectures le permettent.

J’aimerais entamer cette série de citations par un extrait direct, franc, subversif, tiré d’un livre de Amin Maalouf, intitulé Les désorientés. Je le dédie exclusivement à nos jeunes diplômés marocains qui se font humilier chaque jour par le gouvernement en leur refusant presque tout, y compris leur droit à la dignité:

Tout homme a le droit de partir, c’est son pays qui doit le persuader de rester – quoi qu’en disent les politiques grandiloquents. « Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour ton pays ». Facile à dire quand tu es milliardaire, et que tu viens d’être élu, à 43 ans, président des Etats-Unis d’Amérique! Mais lorsque, dans ton pays, tu ne peux ni travailler, ni te soigner, ni te loger, ni t’instruire, ni voter librement, ni exprimer ton opinion, ni même circuler dans les rues à ta guise, que vaut l’adage de John F. Kennedy? Pas grand-chose! C’est d’abord à ton pays de tenir, envers toi, un certain nombre d’engagements. Que tu y sois considéré comme un citoyen à part entière, que tu n’y subisses ni oppression, ni discrimination, ni privations indues. Ton pays et ses dirigeants ont l’obligation de t’assurer cela; sinon, tu ne leur dois rien. Ni attachement au sol, ni salut au drapeau. Le pays où tu peux vivre la tête haute, tu lui donnes tout, tu lui sacrifies tout, même ta propre vie; celui où tu dois vivre la tête basse, tu ne lui donnes rien. Qu’il s’agisse de ton pays d’accueil ou de ton pays d’origine. La magnanimité appelle la magnanimité, l’indifférence appelle l’indifférence, et le mépris appelle le mépris. Telle est la charte des êtres libres et, pour ma part, je n’en reconnais aucune autre.

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