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L’art du cuir au Maroc


Si le célèbre dicton Une image vaut mille mots avait un corps, l’image ci-dessous en serait l’âme.

Et pour cause.

Elle raconte l’histoire mythique d’une pratique millénaire dans un pays aux mille et un trésors engloutis jalousement en son sein: il s’agit de la légendaire fabrication artisanale du cuir au Maroc.

Au milieu des ruelles étroitement juxtaposées, pullulent à Fès et à Marrakech, entre autres, des tanneries de fortune, où la peau en provenance de différentes origines bestiales (mouton, chèvre, vache…) est manuellement tannée, séchée, teinte, embaumée par des artisans dévoués corps et âme au cuir, cet objet de luxe moult fois convoité et qui, depuis la nuit des temps, continue de nourrir les fantasmes les plus glamours ainsi que les envies les plus glauques.

C’est dire que le tannage du cuir est une invention marocaine. D’ailleurs par maroquinerie, on désigne la confection de sacs, de portefeuilles, de ceintures et de tout autre objet décoratif à base de cuir. Historiquement parlant, la maroquinerie doit incontestablement son origine au mot Maroc, lieu d’invention du travail très perfectionné de la peau du cuir. Déjà en 1180, on assiste à la prolifération des tanneries à Fès, alors sous le règne des Almowahidines (Almohades) qui ont fait d’elle la capitale mondiale du savoir des Oulémas et le berceau international du savoir-faire des artisans.  Et ce n’est pas le seul mot qui a inspiré les métiers liés au traitement du cuir. La technique du cuir fut transmise par les marocains à l’Europe à travers l’Andalousie musulmane. On parle de cuir cordouan, de la ville de Cordoue (qortoba) d’où dérive le mot que l’on utilise couramment aujourd’hui: cordonnier.

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C’est ainsi que nous comprenons les motifs qui auraient amené le créateur de parfums de luxe, Serge Lutens, à concevoir la sublime fragrance Cuir mauresque, dont il a été inspiré lors d’une visite à la ville impériale de Marrakech. Une fragrance qui se veut, selon les mots de son créateur, un hommage à l’âge d’or des Arabes en Andalousie, au moment où le cuir était synonyme de richesse et d’opulence frôlant même la sacralité des objets saints. 

« Quand les Maures étaient à Cordoue, c’est ainsi que l’on parfumait les cuirs : sur de l’écorce d’acacia, les peaux étaient tannées !», lit-on en guise de signature qui accompagne le Cuir mauresque.    

Dans un idyllique mélange sensoriel stimulant, à la fois olfactif, visuel et tactile, une myriade de peaux tannées font de ces milieux artisanales la source intarissable de créativité presque inégalée, donnant vie à des morceaux de cuir qui se rassemblent, certes, mais qui ne se ressemblent absolument pas. Chaque morceau est authentique. Chaque couleur est unique.

Un mélange enivrant d’odeurs et de couleurs nous fait voyager à travers les temps immémoriaux, ce qui fait du cuir la matière noble par excellence combattant le temps et résistant à l’usure. En paraphrasant le créateur du Cuir mauresque, je serais tenté de conclure par ces mots:La nuit descend sur une mémoire encore brûlante laissant place aux saveurs odoriférantes, ambrées, confites, crées par l’alchimiste: ce talentueux maître tanneur marocain.

Mes hommages à tous ces amoureux du cuir, ces artisans de l’authentique, les tanneurs de mon pays.

 

 

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