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Lettre au père


Il m’arrive d’imaginer la carte de la terre déployée et de te voir étendu transversalement sur toute sa surface. Et j’ai l’impression que seules peuvent me convenir pour vivre les contrées que tu ne recouvres pas ou celles qui ne sont pas à ta portée. Étant donné la représentation que j’ai de ta grandeur, ces contrées ne sont ni nombreuses ni très consolantes.

La représentation mentale d’un père immense n’a jamais été aussi bien exprimée par un homme ou une femme de lettre.  Le célèbre écrivain tchèque Franz Kafka nous livre ici l’une des plus intenses et des plus profondes déclarations d’un fils envers la grandeur de son père.

9 réflexions sur “Lettre au père

  1. Il me semble que la grandeur d’un père ne devrait pas se fonder sur la part d’ombre qu’il projette mais bien au contraire sur sa capacité à éclairer , ce géniteur est oppressant, grand non, beau texte tout de même

    1. D’emblée, commençons cette « réflexion » par un petit exercice de mise au point en en définissant tout d’abord le sujet; cela nous permettrait au moins de savoir de quoi il est question ici.

      Cela dit, une question s’impose: de quel « père » s’agit-il?

      Si c’est celui dont parle Kafka, eh bien ce n’est que Kafka qui a le droit moral et l’audace imaginaire pour voir une quelconque grandeur de la figure paternelle! En tant que lecteurs, nous y adhérons de bonne foi, ne voyant dans le texte qu’une pure expression littéraire d’un garçon qui ne vieillit que sur l’espoir de se tailler une place – miniscule soit-elle – dans l’immensité de l’univers comblée par la présence d’une figure paternelle. Opressante ou pas, il ne nous revient nullement d’en décider. Ce qui nous amène au second cas de figure, celui qui semble vous toucher en personne.

      Si à votre tour vous préférez plutôt substituer la « petitesse » d’un « géniteur » à la « grandeur » du père, pour quelque raison personnelle que ce soit, nous n’avons qu’à adhérer à votre perception de la figure paternelle.

      Dès que nous aurons clairement défini les genres, il devient plus aisé de construire une réflexion mûre sur un sujet aussi passionnant que celui qui nous intéresse ici.

      Au plaisir.

      1. Définissons le alors dans le sens social, (comme dans patrie, la terre des pères) que dirions nous d’une société qui assombrit l’avenir de ses enfants aux point qu’ils se sentent obliger de s’en éloigner, serait-elle glorifiée ?

    1. Des études récentes tendent à démontrer qu’il n’y pas de loup Alpha dans une meute. (Samedi et rien d’autre Radio Canada)
      C’est une fabrication de l’homme pour justifier le comportent de loups en captivité confrontés à des loups de meutes différentes. C’est une réaction viscérale face à l’inconnu et non pas le comportement plus solidaire et posé de ces même loups dans leur environnement naturel. Ce père à l’ombre imposante n’est ‘il pas aussi le fruit de notre imagination,(qu’il soit social ou géniteur) un mécanisme de défense contre l’inconnu? et ne cache t’il pas un père beaucoup plus équilibré et sain? À chaque père de se poser la question, À chaque fils avant de devenir père à son tour aussi.

  2. Je comprends votre obstination à vouloir ne voir dans la figure du père qu’une représentation sociale de la présence accablante et non une manifestation naturelle du rôle paternel. Avant d’être un père, il était un homme. Et en tant que tel, il ne serait pas exempt de défauts des communs des mortels; loin s’en faut. Or, dans le cas qui nous intéresse ici – devrais-je le rappeler? – il ne s’agit que de la grandeur d’un homme (par opposition à la petitesse d’un autre homme). Une grandeur qui est vue, sentie, imaginée…par un autre homme qui n’est nul autre que le fils. Si dans le cas où un autre fils avait devant ses yeux un père « petit », rien ne l’empecherait d’exprimer se petitesse et, comme nous le faisons tous, la partager avec le reste du monde en utilisant les mots adéquats faisant état d’une quelconque oppression. En résumé, on ne parle pas de l’homme mais du père. Sauf que cette fois-ci, il s’agit d’un GRAND HOMME.

    1. Alors si, il était un aussi Grand Homme que vous le percevez, je vous l’accorde.
      Il n’en reste pas moins une certaine désolation de l’âme.

  3. Mathieu-Robert Sauvé a écrit un livre passionnant sur la crise identitaire du mâle au Québec et de l’étonnante absence du modèle masculin québécois. Il constate avec stupéfaction comment les hommes québécois se plaisaient à faire profil bas et incarner le légendaire personnage de Tit-coque, inventé par Gratien Gélinas en 1948. Je cite une note de bas de page tirée de son livre, Échecs et mâles, page 148:

     » Selon le dictionnaire des oeuvres des littératures de langue française (Couty et Beaumarchais), Paris, Bordas, 1994, Tit-coq est un personnage ridicule et pathétique né de parents inconnus. Cette pièce qui connaît un grand succès à partir de sa création en 1948 met en scène la crise identitaire que traverse la société canadienne-française de l’après-guerre… »

    Fin de citation.

    C’est pour dire que le débat se comprend mieux une fois mis dans son contexte social et historique.

    1. Ti-coq, Ovila, impuissant en société, lui même mais seul dans les bois, l’ombre de Joe Montferrant, c’est à peu prêt ça. Pendant que Madeleine de Verchères tient le fort. Le mythe nourrit la réalité, la réalité nourrit le mythe

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