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Je m’appelle Babou -2-


Désormais, il n’est plus un secret pour personne: l’enfant Babou doit son surnom davantage aux premiers bafouillages de l’écriture qu’à je ne sais quel balbutiement de la lecture. Ceci est un fait. Avec le recul de l’âge cela devient une évidence même. Je n’ai jamais aimé lire – en tout cas pas avec la même verve ni encore moins avec la même conscience d’aujourd’hui. Si cela est dû aux joyeuses circonstances que je mentionnais dans la 1ère partie de mon texte, d’autres événements aussi bien ludiques que non conventionnels sont venus non point me rapprocher de la lecture mais m’en éloigner aussi longtemps que durât cet indescriptible amour de la liberté que tout enfant de mon âge aurait défendu jusqu’au dernier de ses moyens.  En voici un exemple.

 Je me souviens d’un incident que je ne cesse de raconter à tous ceux qui n’arrivent tout de même pas à croire à ma version des choses malgré mon aveu franc et répétitif. J’avais 7 ans quand mon père et moi sommes partis à Lyon. J’ignore quelle mouche piquait mon père pour qu’il décide obstinément de m’emmener avec lui au printemps, c’est-à-dire au beau milieu de l’année scolaire! Puisque la raison je ne la saurais jamais –  mon héros éternel étant passé de vie à trépas – il n’en demeure pas moins vrai que la courte durée de ce voyage – 15 jours – était suffisante pour chambouler le reste de toute l’année scolaire. Et pour cause.

De retour à Casablanca après un séjour passé à Lyon sous le signe de la désinvolture et de l’insouciance, je retrouve à mon accueil une réalité beaucoup moins cajoleuse que celle du Rhône. Cette dure réalité a un nom: L’ÉCOLE. Et pas n’importe quelle école. Une institution privée dirigée comme une véritable armée par un directeur bourru malgré son apparence de petit-bourgeois blond aux mains de fer dans des gants de velours. Ces mains étaient bel et bien en fer; il ne s’agit point d’une métaphore. Je le sais. A en juger par l’étourdissante claque sur la joue qu’il m’a assénée quand les gardiens de l’école – des sbires colosses aux crânes massifs et aux gabarits pachydermiques – lui ont annoncé qu’un élève de la 2ème année ne veut plus retourner en classe après un soi-disant voyage en Europe où il se la coulait douce au beau milieu de l’année scolaire et dont, hélas! il venait de revenir. C’était sa gifle qui me réveilla de ma lente et douce somnolence. Je quittai son bureau non point en pleurs, mais en courant illico vers ma classe. Ma terrible classe où j’allais passer les mois subséquents dans une insupportable lourdeur de l’atmosphère. 

En somme, la gifle du bourreau blond me réveilla de ma somnolence certes, mais elle attisa  ma haine de tout le système scolaire de l’époque. Une haine qui a été marquée au fer dans ma mémoire depuis mes premiers souvenirs de l’école primaire…jusqu’à aujourd’hui d’ailleurs. 

A suivre.

 

 

 

Une réflexion sur “Je m’appelle Babou -2-

  1. Personne n’est jamais mort d’être allé à l’école!
    À ce commentaire vitriolique lourd de suffisance, je répondis Continue et je serai la première! Bien sûr aucun son ne sortit de ma bouche, au lieu, je m’installais près des fenêtres et me récitais Prévert.
    -Deux et deux quatre, quatre et quatre huit, huit et huit font seize…Répétez ! dit le maître. Mais voilà l’oiseau-lyre lui passe dans le ciel l’enfant le voit l’enfant l’entend l’enfant l’appelle : Sauve-moi joue avec moi oiseau !……. Et l’enfant a caché l’oiseau dans son pupitre…….et huit et huit à leur tour s’en vont et quatre et quatre et deux et deux à leur tour fichent le camp et un et un ne font ni une ni deux un à un s’en vont également. Et le professeur crie : Quand vous aurez fini de faire le pitre !…….et les murs de la classe s’écroulent tranquillement. (tiré du poème Page d’écriture)

    À leur grande consternation, ceux qui veulent mettre en cage fournissent aussi parfois les clés pour nous en libérer

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