À la (re)découverte de Kateb Yacine.

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Je le disais il y a vingt ans: de tous les écrivains algériens d’expression française qu’il m’ait été donné de lire, Kateb Yacine est, à mes yeux, le plus talentueux de tous. Je le répète aujourd’hui: le prolifique dramaturge, poète et auteur entre autres de Nedjma (un chef d’oeuvre symbolisant l’Algérie publié en 1956),  Le polygone étoilé (1966), Mohamed, prends ta valise (1971) demeure, pour moi, l’un des écrivains les plus subversifs dotant ses écrits d’un style achevé au ton peu lascif. Je me souviens de ses textes qui nous donnaient du fil à retordre nous causant bien des maux de têtes quand ils étaient au programme de littérature maghrébine d’expression française que je suivais  conjointement avec le programme de littérature japonaise. C’était une année de dur labeur plongé dans les textes complexes tantôt du côté de chez les Algériens Kateb Yacine, Mouloud Feraoun (l’autre écrivain Kabyle), Mohammed Dib et j’en passe, tantôt du côté de chez les écrivains du Soleil-Levant tels entre autres, Yukio Mishima, le plus troublant et le plus troublé de tous ce qui le conduisait tout droit au suicide par Seppuku le 25 novembre 1970 (il faut lire ses romans pour comprendre pourquoi il allait connaître la même fin tragique anyway) et du grand maître japonais Francis Kawabata (prix Nobel de littérature en 1968).

Bref, revenons à Yacine. La découverte de Kateb Yacine et de son style soutenu ainsi que de sa grande maîtrise de la langue de Molière était pour moi une délicieuse rencontre littéraire qui m’a permis très tôt dans ma vie intellectuelle de me familiariser davantage avec le grand secret des maîtres incontestés de l’écriture; ce grand secret appelé prosaïquement, le STYLE. J’ai été influencé à cette époque; la contagion est encore active, vingt ans plus tard. 

Mais Kateb Yacine n’était pas juste un poète ni un « rêveur ». Il était parmi les écrivains d’origine Kabyle les plus engagés en faveur de la cause identitaire amazighe dont il est manifestement issu (et pas moi, en l’occurrence). Et c’est justement cet autre Kateb Yacine, l’engagé, qui sera notre invité d’aujourd’hui et non le brillant écrivain auquel j’ai déjà consacré du temps quand j’ai découvert ses textes romanesques aux bancs de l’école.  

Pour aller doit au but, voici une citation de Kateb Yacine que je prendrais le temps de commenter dans les quelques lignes qui suivent: 

Ces religions ont toujours joué un rôle néfaste. Il faut s’y opposer avec la dernière énergie. On les voit maintenant à l’œuvre. On les voit en Israël, en Palestine, on les voit partout. Ces trois religions monothéistes font le malheur de l’humanité. Ce sont des facteurs d’aliénation profonde. Voyez le Liban. Ça se passe devant nous. Regardez le rôle des chrétiens, des musulmans et des juifs. Il n’y a pas besoin de dessin. Ces religions sont profondément néfastes et le malheur de nos peuples vient de là. Le malheur de l’Algérie a commencé là. Nous avons parlé des Romains et des chrétiens. Maintenant, parlons de la relation arabo-islamique ; la plus longue, la plus dure, la plus difficile à combattre […] C’est dur de lutter contre une telle couche d’aliénation. Pendant ces treize siècles, on a arabisé le pays mais on a en même temps écrasé le tamazight, forcément. Ça va ensemble. L’arabisation ne peut jamais être autre chose que l’écrasement du tamazight. L’arabisation, c’est imposer à un peuple une langue qui n’est pas la sienne, et donc combattre la sienne, la tuer. Comme les Français quand ils interdisaient aux écoliers algériens de parler arabe ou tamazight parce qu’ils voulaient faire l’Algérie française. L’Algérie arabo-islamique, c’est une Algérie contre elle-même, une Algérie étrangère à elle-même. C’est une Algérie imposée par les armes, parce que l’islam ne se fait pas avec des bonbons et des roses. Il s’est fait dans les larmes et le sang, il s’est fait par l’écrasement, par la violence, par le mépris, par la haine, par les pires abjections que puisse supporter un peuple. On voit le résultat.

  • « Aux origines des cultures du peuple : entretien avec Kateb Yacine » (1987), dans Revue Awal, n° 9/1992 – Hommage à Kateb Yacine, Kateb Yacine, éd. MSH, 1992, p. 127

Outch! La force de conviction dans les propos de l’auteur n’a d’égal que son incompétence totale quand vient le moment d’aborder l’histoire de l’Islam et de l’Arabe  – pour ne pas dire son ignorance patente de son propre pays, l’Algérie, de sa propre culture, l’Amazigh. Autrement, les assertions auraient été plus nuancées.

Voici pourquoi.

 

A suivre.   

 

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Grande mosquée de Québec. Musulmans tués de sang froid en pleine prière

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Ce soir, un individu cagoulé a fait irruption dans la Grande mosquée de Québec pour abattre de sang froid plusieurs dizaines de Musulmans innocents qui assistaient à la prière du soir Al-Icha.

Ce soir cet acte barbare me laisse encore une fois sans voix. Pourquoi ici? Pourquoi dans cette mosquée que moi-même je fréquentais quand j’étais étudiant à l’Université Laval? Pourquoi terroriser une communauté de femmes et d’hommes du calibre des Musulmans de Québec? Je me souviens de cette formidable communauté dont les membres, petits et grands, sont la crème de la société québécoise. Je me souviens de mes amis universitaires, ingénieurs, diplomates, commerçants, professeurs, hommes et femmes dont le seul souci était de réussir leur intégration dans ce pays et démontrer à eux-mêmes et à leurs proches qu’ils ont fait le choix judicieux quand ils ont décidé de quitter tout et repartir à neuf.

Mais que s’est-il passé ce soir à Québec?

Il s’agit de l’un des actes terroristes les plus abominables qui soient perpétrés sur le territoire canadien commis contre une communauté musulmane pacifique, travaillante dont les membres sont venus de loin, laissant derrière eux patries et familles dans l’espoir de contribuer activement à l’enrichissement de leur pays d’accueil. Quel accueil leur réserve-t-on donc? Un discours populiste alimenté par les grands médias et soutenu par les politiques de la plus nette tartufferie…voilà ce qu’on réserve à cette communauté faite en grande majorité d’hommes et de femmes armés de diplômes universitaires, techniques et professionnels. Voilà le sort que Donald (Duck) et ses électeurs américains et leurs photocopieurs ici et ailleurs souhaitent offrir à toute personne digne qui dit non à l’injustice, à l’intolérance, à la barbarie et surtout qui refuse de serrer la main à des tueurs d’innocents.

Suis-je devenu sourd ce soir? Pourquoi n’entendrais-je plus ce soir ces voix de journalistes et de politiciens d’ici qui, hier encore poursuivaient leurs croisades et alimentaient les peurs collectives contre un soi-disant danger portant le nom de l’Islam? Ni ce soir ni demain soir ni après demain soir je n’entendrai ces voix condamner l’abominable tuerie dont sont victimes des innocents citoyens parmi lesquels on trouve aussi des enfants. Ni ce soir ni demain soir ni après demain soir je n’entendrai ces tartuffes des temps modernes crier non à l’injustice et à l’intolérance…

 

Je ne pleure pas les innocentes victimes tombées lâchement ce soir au milieu de la Grande mosquée de Québec. Je ne les pleure pas puisque ce sont des martyrs…et les martyrs n’ont pas besoin de nos larmes. Au lieu de cela, je pleure l’incommensurable bassesse de l’esprit humain qui tente viciseument de rendre de tels actes « justifiables » en nous les présentant comme « allant de soi ».

Que Dieu ait pitié de nous, les morts-vivants!

 

M.c.

Apagogie,ou le raisonnement par l’absurde

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Quand un psychopathe – pour des raisons haineuses, vicieuses ou autres – sème la terreur auprès des gens innocents pour la simple raison qu’ils lui sont totalement différents, on appelle cela: la barbarie.

Quand le même individu, pour les mêmes raisons, commettant les mêmes actes, subit son procès devant un tribunal compétent selon les règles de l’art telles que stipulées dans toutes les lois du monde civilisé, on appelle cela: la justice.

Maintenant, quand le monde (dit civilisé) terrorise un milliard et demi d’innocents, parsemés dans les quatre coins du monde – des côtes de la méditerranée jusqu’au fin fond du continent asiatique – rien que pour leur faire payer le prix du geste sanguinaire commis par le psychopathe d’en haut, on appellerait cela sans peur de se tromper: l’apagogie.

En termes plus clairs, il s’agit de ce que la science de la logique désigne par le raisonnement par l’absurde. Étonnant de constater, au-delà des mots sophistiqués, que la culture populaire a, elle aussi, son mot à dire sur ce sujet pédant. Au Maroc, on a une expression dialectale selon laquelle: Le minaret s’est effondré, le barbier est pendu. Quel lien de cause à effet, quel rapport pourrait-il bien exister entre l’effondrement d’un minaret et l’exécution par pendaison du pauvre barbier du quartier? Ne cherchez pas longtemps, il n’y en a pas. C’est aussi absurde que cela. C’est aussi cela, une apagogie. Reductio ad absurdum 

قوة الكلمة. ليست العبرة بالسن


دخل الحسن بن الفضل على بعض الخلفاء وعنده كثير من أهل العلم ، فأحب أن يتكلم ، فزجره وقال : يا صبي تتكلم في هذا المقام ؟ فقال : يا أمير المؤمنين إن كنت صبياً ، فلست بأصغر من هدهد سليمان ولا بأكبر من سليمان عليه السلام حين قال : أحطت بما لم تحط به ، ثم قال : ألم ترأن الله فهم الحكم سليمان ولو كان الأمر بالكبر لكان داود عليه السلام أولى


ولما أفضت الخلافة إلى عمربن عبد ا لعزيز، أتته الوفود ، فإذا فيهم وفد الحجاز، فنظر إلى صبي صغير السن ، وقد أرا د أن يتكلم فقال : ليتكلم من أسن منك ، فإنه أحق بالكلام منك، فقال الصبي : يا أمير المؤمنين لو كان القول كما تقول لكان في مجلسك هذا من هو أحق به منك. قال صدقت . فتكلم ، فقال يا أمير المؤمنين ، إنا قدمناعليك من بلد تحمد الله الذي مَنّ علينا بك، ما قدمنا عليك رغبة منا ولا رهبة منك ،أما عدم الرغبة ، فقد أمنا بك في منازلنا ، وأما عدم الرهبة فقد أمنا جوارك بعدلك ،فنحن وفد الشكر والسلام.
فقال له عمر رضي الله عنه : عظني يا غلام . فقال : ياأمير المؤمنين إن أناساً غرهم حلم الله وثناء الناس عليهم، فلا تكن ممن يغره حلم الله وثناء الناس عليه، فتزل قدمك وتكون من الذين قال الله فيهم : ( ولا تكونوا كالّذين قالوا سَمعنا وهم لا يسمعون ) . فنظر عمر في سن الغلام فإذا له اثنتا عشرة سنة

وحكي أن البادية قحطت في أيام هشام بن عبد الملك فقدمت العرب ، فهابوا أن يكلموه ، وكان فيهم درواس بن حبيب وهو ابن ست عشر سنة ، له ذؤابة وعليه شملتان ،فوقعت عين هشام عليه ، فقال لحاجبه : ما شاء أحد أن يدخل عليّ إلا دخل حتى الصبيان، فوثب درواس حتى وقف بين يديه مطرقاً فقال : يا أمير المؤمنين إن للكلام نشراً وطياً ، وإنه لا يعرف ما في طيه إلا بنشره ، فإن أذن لي الأمير أن أنشره نشرته ،فأعجبه كلامه ، وقال له : أنشره لله درك ، فقال : يا أمير المؤمنين إنه أصابتنا ثلاث سنون سنة أذابت الشحم وسنة أكلت اللحم ، وسنة دقت العظم ، وفي أيديكم فضول مال، فإن كانت لله ففرقوها على عباده ، وإن كانت لهم فعلام تحبسونها عنهم ، وإن كانت لكم فتصدقوا بها عليهم ، فإن الله يجزي المتصدقين ، فقال هشام ، ما ترك الغلام لنا في واحدة من الثلاث عذراً فأمر للبوادي بمائة ألف دينار وله بمائة ألف درهم ، ثم قال له : ألا حاجة لك ? قال : ما لي حاجة في خاصة نفسي دون عامة المسلمين ، فخرج من عنده وهو من أجل القوم.

 

من كنوز الامام الغزالي: وظيفة القلب

من كتاب كيمياء السعادة للامام الغزالي ﻓﺼﻞ في وظيفة القلب

ثم ﺍﻟﻌﻘﻞ ﺧﺎﺩﻡ ﺍﻟﻘﻠﺐ، ﻭﺍﻟﻘﻠﺐ مخلوق ﻟﻨﻈﺮ جمال الحضرة الالهية.  ﻓﻤﻦ ﺍﺟﺘﻬﺪ في ﻫﺬﻩ ﺍﻟﺼﻨﻌﺔ، ﻓﻬﻮ ﻋﺒﺪ ﺣﻖ ﻣﻦ ﻏﻠﻤﺎﻥ الحضرة ، ﻛﻤﺎ ﻗﺎﻝ ﺳﺒﺤﺎﻧﻪ ﻭﺗﻌﺎلى :  وما خلقت الجن والانس الا ليعبدون

  ﻣﻌﻨﺎﻩ :ﺇﻧﺎ ﺧﻠﻘﻨﺎ ﺍﻟﻘﻠﺐ، ﻭﺃﻋﻄﻴﻨﺎﻩ الملك ﻭﺍﻟﻌﺴﻜﺮ، ﻭﺟﻌﻠﻨﺎ ﺍﻟﻨﻔﺲ مركبه؛ حتى ﻳﺴﺎﻓﺮ ﻋﻠﻴﻪ ﻣﻦ عالم ﺍﻟﺘﺮﺍﺏ ﺇلى ﺃﻋﻠﻰ عليين.  ﻓﺈﺫﺍ ﺃﺭﺍﺩ ﺃﻥ ﻳﺆﺩﻱ ﺣﻖ ﻫﺬﻩ ﺍﻟﻨﻌﻤﺔ، ﺟﻠﺲ ﻣﺜﻞ ﺍﻟﺴﻠﻄﺎﻥ في ﺻﺪﺭمملكته، ﻭﺟﻌﻞ الحضرة الالهية ﻗﺒﻠﺘﻪ ﻭﻣﻘﺼﺪﻩ، ﻭﺟﻌﻞ ﺍﻵﺧﺮﺓ ﻭﻃﻨﻪ ﻭﻗﺮﺍﺭﻩ، ﻭﺍﻟﻨﻔﺲ ﻣﺮﻛﺒﻪ، ﻭﺍﻟﺪﻧﻴﺎ منزله، ﻭﺍﻟﻴﺪﻳﻦ ﻭﺍﻟﻘﺪمين ﺧﺪﺍﻣﻪ، ﻭﺍﻟﻌﻘﻞ ﻭﺯﻳﺮﻩ، ﻭﺍﻟﺸﻬﻮﺓ ﻋﺎﻣﻠﻪ، ﻭﺍﻟﻐﻀﺐ ﺷﺤﻨﺘﻪ، والحواس ﺟﻮﺍﺳﻴﺴﻪ .ﻭﻛﻞ ﻭﺍﺣﺪ ﻣﻮﻛﻞ بعالم ﻣﻦ العوالم يجمع ﻟﻪ ﺃﺣﻮﺍﻝ العوالم. ﻭﻗﻮﺓ الخيال في ﻣﻘﺪﻡ ﺍﻟﺪﻣﺎﻍ ﻛﺎﻟﻨﻘﻴﺐ يجمع ﻋﻨﺪﻩ ﺃﺧﺒﺎﺭالجواسيس، ﻭﻗﻮﺓ الحفظ في ﻭﺳﻂ ﺍﻟﺪﻣﺎﻍ ﻣﺜﻞ ﺻﺎﺣﺐ الخريطة يجمع ﺍﻟﺮﻗﺎﻉ ﻣﻦ ﻳﺪ ﺍﻟﻨﻘﻴﺐ ﻭيحتفظها ﺇلى ﺃﻥ ﻳﻌﺮﺿﻬﺎ ﻋﻠﻰ ﺍﻟﻌﻘﻞ .ﻓﺈﺫﺍ ﺑﻠﻐﺖ ﻫﺬﻩ ﺍﻷﺧﺒﺎﺭ ﺇلى ﺍﻟﻮﺯﻳﺮ ﻳﺮﻯ ﺃﺣﻮﺍﻝ ﺍلمملكة ﻋﻠﻰ ﻣﻘﺘﻀﺎﻫﺎ.

Les trois visages de l’orientalisme

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À lire également : Le leadership du Prophète de l’Islam vu par l’Occident

L’idée de publier les lignes qui suivent est en réponse à ceci :

De la liberté, les gens du Proche-Orient ne savent rien;  de propriété, ils n’en ont pas; la force, c’est leur Dieu. Quand il y a de longues périodes sans voir de conquérants qui apportent la justice, ils sont des soldats sans chef, des citoyens sans législateurs et une famille sans père. Pour le libérer, l’Occident devrait conquérir l’Orient. Il s’agit des nations sans territoire, patrie, droits, loi et sécurité.

L’auteur de ces propos n’est ni un homme de la rue pour le taxer d’ignorant, ni un politicien de l’administration Bush pour l’accuser de propagandiste. L’auteur de ces propos est, retenez-vous bien, Chateaubriand, le célèbre homme de lettres français.

Dans son introduction du livre L’orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, Edward Saïd défend l’idée selon laquelle l’Orient, tel qu’il est représenté dans l’imaginaire collectif occidental, est une fabrication de celui-ci.

Saïd nomme trois acceptions de l’orientalisme. Une acception scientifique (universitaire) : études dont le champ de recherche porte sur l’Orient. Histoire, géographie, sociologie, ethnologie…Dans les milieux universitaires américains on lui préfère Études orientales ou encore Area studies.

Une acception générale (imaginaire) : un style de pensée fondé sur la distinction ontologique et épistémologique entre l’Orient et l’Occident…est un style occidental de domination, de restructuration et d’autorité sur l’Orient.

defendingthewestorientalisme

Troisième acception du terme revêt un sens hégémonique : il s’agit d’une tendancieuse combinaison du duo Savoir/Pouvoir en vue de la Domination. Thèses de Gramsci sur le concept d’hégémonie : la culture comme sous-fondement de l’impérialisme.

Gramsci distingue entre société civile et société politique. La société civile : associations volontaires non coercitives : écoles, familles, syndicats. La société politique : institutions étatiques : armée, police, bureaucratie centrale dont le rôle en politique est la domination directe. La culture relève de la société civile où l’influence des idées se fait par consensus et non par la domination.

(P.23) Or, bien des exemples démontrent que la culture sert la politique (Napoléon a lu les textes orientalistes avant son invasion de l’Égypte) Chomsky a étudié la connexion instrumentale entre la guerre du Vietnam et le concept d’érudition objective tel qu’il a été utilisé pour couvrir des recherches militaires subventionnées par l’État.

En étudiant la question de l’orientalisme (telle qu’elle a été formulée en Europe, principalement en Grande Bretagne et en France dès la fin du 18ème siècle), l’auteur dresse le portrait des rapports entre l’orientalisme, la culture et l’impérialisme. Ainsi, la panoplie d’études approfondies sur l’Orient ont jeté les bases d’un rapport de force entre l’Orient et l’Occident; un rapport qui s’est rapidement soldé par l’assimilation de l’un et la domination de l’autre. De ce fait, les études orientalistes ont très tôt servi à la construction occidentale d’une idéologie dominatrice s’agissant de l’Orient. En essayant de définir la nature d’un tel rapport de force, Saïd postule que « l’Orient n’est pas un fait de nature inerte. C’est le reflet de l’Occident. » (P.17). En allant plus loin, il avance a fortiori que « la culture européenne s’est renforcée en se démarquant d’un Orient qu’elle prenait comme une forme d’elle-même inférieure et refoulée. » (P.16).

Roland Barthes, dans Mythologies parle de la représentation de l’Autre oriental en ces termes :

(P.165) « Face à l’étranger, l’Ordre ne connaît que deux conduites qui sont toutes deux de mutilation : ou le reconnaître comme guignol ou le désamorcer comme pur reflet de l’Occident. De toute façon, l’essentiel est de lui ôter son histoire. »

Quelques réserves

1- Il serait tort de conclure que l’Orient était essentiellement une idée, une construction de l’esprit ne correspondant à aucune réalité. Mais plutôt une véritable constellation d’idées qui est le phénomène essentiel s’agissant de l’Orient, et non pas sa pure et simple existence.(P.18)

2- La relation entre l’Orient et l’Occident est une relation de pouvoir et de domination. L’Orient n’a pas été orientalisé seulement (P.18) parce qu’on a découvert qu’il était oriental selon les stéréotype de l’occidental moyen du 19ème siècle, mais parce qu’il pouvait être rendu oriental. L’exemple de Flaubert avec la courtisane Kuchuk Hanem.

3- Il ne faut pas croire que la structure de l’orientalisme est une série de mensonges. Il s’agit d’un discours solide qui est le résultat d’un long et sérieux investissement(doctrines et pratiques) qui a duré plusieurs générations- depuis Ernest Renan(1840) jusqu’à nos jours. (19).

Dans l’imaginaire collectif occidental, il suffit d’évoquer le mot Orient pour y associer un univers teinté d’exotisme; c’est dire que depuis des siècles, l’Orient fascine, intrigue, dérange, inquiète et irrite.

L’orientalisme, selon Saïd est une partie intégrante de l’Europe.

(P.40) L’ère postmoderne caractérisée par la prolifération des médias électroniques (télévision, cinéma…) a favorisé le renforcement des stéréotypes liés à l’Orient. Ce qui a amené à la politisation de la perception de l’Arabe et de l’Islam. Trois facteurs ont contribué à cela :

a)      L’histoire des préjugés populaires anti-arabes et anti-islamiques en Occident, qui se reflète immédiatement dans l’histoire de l’orientalisme

b)      La lutte entre les Arabes et le sionisme israélien

c)       L’absence presque totale de la moindre attitude culturelle qui permette soit de s’identifier aux Arabes et à l’Islam, soit d’en discuter sans passion.

La perspective du livre de Saïd a ceci d’intéressant car elle prend le cas personnel de l’auteur afin d’exposer  clairement les fondements de la construction de l’Orient par l’Occident. Le plus intéressant est qu’au-delà de la perspective historique – somme toute essentielle pour comprendre les origines de la pensée orientaliste –, l’auteur nous aide à mieux comprendre les critiques qui sont adressées à l’orientalisme, à en saisir les postulats fondamentaux, quitte à déceler, à travers ces critiques, l’attitude significative concernant le rôle de l’orientalisme dans le processus d’hégémonie occidental.

La représentation de l’Orient est en crise. « A cause de l’orientalisme, l’Orient n’a jamais été » P.15 Saïd. Face à cet impossible dialogue entre Orient et Occident entériné par les thèses de Fukuyama sur la fin de l’histoire et de Huntington sur le choc des civilisations, certains penseurs des rapports Nord/Sud proposent une nouvelle approche. Mehdi El Mandjra qui plaide en faveur d’un urgent dialogue des cultures publie bien avant Huntington. Dans ses  Identités meurtrières, Amine Maalouf.  Cynthia Fleury dans son livre Dialoguer avec l’Orient propose de « façon critique et généreuse »  un retour à l’humanisme de la Renaissance afin d’inventer un nouveau dialogue entre Orient et Occident.

Mais quelle est l’alternative? Le livre ne propose pas une alternative. L’auteur décrit un état des lieux qui renvoie aux rapports entre orientalisme, culture et impérialisme.

من كنوز الامام الغزالي: وصف النفس

   من كتاب كيمياء السعادة للامام الغزالي ﻓﺼﻞ في ﻣﻌﺮﻓﺔ ﺍﻟﻘﻠﺐ ﻭﻋﺴﻜﺮﻩ

ﺍﻋﻠﻢ ﺃﻧﻪ ﻗﻴﻞ في المثل المشهور :ﺇﻥ ﺍﻟﻨﻔﺲ كالمدينة، ﻭﺍﻟﻴﺪﻳﻦ ﻭالقدمين وجميع ﺍﻷﻋﻀﺎﺀ ﺿﻴﺎﻋﻬﺎ، ﻭﺍﻟﻘﻮﺓ ﺍﻟﺸﻬﻮﺍﻧﻴﺔ ﻭﺍﻟﻴﻬﺎ، ﻭﺍﻟﻘﻮﺓ ﺍﻟﻐﻀﺒﻴﺔ ﺷﺤﻨﺘﻬﺎ، ﻭﺍﻟﻘﻠﺐ ﻣﻠﻜﻬﺎ، ﻭﺍﻟﻌﻘﻞ ﻭﺯﻳﺮﻫﺎ. والملك ﻳﺪﺑﺮﻫﻢ ﺣتى ﺗﺴﺘﻘﺮ مملكته ﻭﺃﺣﻮﺍﻟﻪ؛ ﻷﻥ ﺍلوالي – ﻭﻫﻮ ﺍﻟﺸﻬﻮﺓ – ﻛﺬﺍﺏ ﻓﻀﻮلي مخلط، ﻭﺍﻟﺸﺤﻨﺔ – ﻭﻫﻮ ﺍﻟﻐﻀﺐ – ﺷﺮﻳﺮ ﻗﺘﺎﻝ ﺧﺮﺍﺏ .ﻓﺈﻥ ﺗﺮﻛﻬﻢ ﺍﳌﻠﻚ ﻋﻠﻰ ﻣﺎ ﻫﻢ ﻋﻠﻴﻪ، ﻫﻠﻜﺖ المدينة ﻭﺧﺮﺑﺖ؛ ﻓﻴﺠﺐ ﺃﻥ ﻳﺸﺎﻭﺭ الملك ﺍﻟﻮﺯﻳﺮ، ﻭيجعل الوالي ﻭﺍﻟﺸﺤﻨﺔ تحت ﻳﺪ ﺍﻟﻮﺯﻳﺮ .ﻓﺈﺫﺍ ﻓﻌﻞ ﺫﻟﻚ ﺍﺳﺘﻘﺮﺕ ﺃﺣﻮﺍﻝ  المملكة ﻭﺗﻌﻤﺮﺕ المدينة .ﻭﻛﺬﻟﻚ ﺍﻟﻘﻠﺐ ﻳﺸﺎﻭﺭ ﺍﻟﻌﻘﻞ، ويجعل ﺍﻟﺸﻬﻮﺓ ﻭﺍﻟﻐﻀﺐ تحت ﺣﻜﻤﻪ، ﺣتى ﺗﺴﺘﻘﺮ ﺃﺣﻮﺍﻝ ﺍﻟﻨﻔﺲ، ﻭﻳﺼﻞ ﺇلى ﺳﺒﺐ ﺍﻟﺴﻌﺎﺩﺓ ﻣﻦ ﻣﻌﺮﻓﺔ الحضرة الإلهية. ﻭﻟﻮ ﺟﻌﻞ ﺍﻟﻌﻘﻞ تحت ﻳﺪ ﺍﻟﻐﻀﺐ ﻭﺍﻟﺸﻬﻮﺓ، ﻫﻠﻜﺖ ﻧﻔﺴﻪ، ﻭﻛﺎﻥ ﻗﻠﺒﻪ ﺷﻘﻴﺎ فيﺍﻵﺧﺮﺓ.