La dialectique éristique ou l’art d’avoir toujours raison -2-

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En guise de rappel, voici les quatre questions auxquelles j’avais promis de répondre en abordant la thématique de la dialectique éristique, appelée couramment, l’art d’avoir toujours raison:

 

1. Quel serait l’intérêt d’avoir dans sa bibliothèque un livre comme celui de Schopenhauer?

2. Serait-il possible ( ou même souhaitable) d’avoir toujours raison?

3. À quelle stratégie de défense pourrait-on faire appel pour répondre à toute attaque personnelle?

4. Enfin, quel serait le dernier recours quand on perd une cause, ce que Schopenhauer appelle « l’ultime stratagème » ?

 

Commençons par le commencement.

1. Quel serait l’intérêt d’avoir dans sa bibliothèque un livre comme celui de Schopenhauer?

Lorsqu’on me pose cette question, tout de suite me vient à l’esprit une anecdote que l’on rapporte de la communauté Jésuite chez qui j’ai appris, à un moment donné de ma jeunesse, l’art de l’argumentation telle qu’enseignée par l’éminent professeur juif Chaïm Perelman, philosophe et théoricien de droit belge. Il faut dire aussi qu’à cette époque j’étais en train de préparer un mémoire sur la part de la fiction et de l’argumentation dans les récits de presse relatant les grands événements survenus à l’échelle planétaire, sous la direction de mon professeur et ami de toujours l’incollable et le très dévoué M. Dakkach.  C’est d’ailleurs grâce à cet homme doté de grandes qualités humaines et intellectuelles avec qui j’avais fondé le GRAM (groupe de recherche en recherche et action médiatique) que j’ai été initié au monde fabuleux de l’argumentation et de la communication. Qu’il trouve ici l’expression de mon éternelle gratitude. 

Revenons aux Jésuites.

Selon cette anecdote, on raconte que lorsqu’on demande à un Jésuite: « Pourquoi à chaque fois où l’on vous pose une question vous répondez par une autre question, il répond: Pourquoi pas?! » Voilà une stratégie bien malicieuse qui ne manque pas de souligner l’esprit sardonique de son auteur. Et pourtant j’ai juste envie de m’en servir à mon tour afin de répondre – vraiment? – à la question de départ. Ce qui donnerait quelque chose du genre:

Question « fallacieuse »: Quel serait l’intérêt d’avoir dans sa bibliothèque un livre comme celui de Schopenhauer?

Réponse « goguenarde »- Quel serait l’intérêt de ne pas l’avoir dans sa bibliothèque?

En effet, j’aurais pu ainsi me contenter d’esquiver la réponse en mettant un terme à la discussion autour du sujet du livre de Schopenhauer. Ainsi faisaient les Jésuites. Pourquoi ne le ferais-je pas? Or, le but premier ici étant d’engager la discussion et non de l’obstruer, il est de mon devoir d’apporter davantage d’éclairage à cette question sur le livre qui reste tout de même pertinente dans la mesure où elle me sert d’alibi pour engager la discussion autour de l’argumentation. 

Deux raisons fondamentales méritent d’être rapportées ici: la première est d’ordre personnel ou si vous voulez, familial; la seconde est d’ordre académique, ou plutôt professionnel.

a. une histoire de famille: Bien avant l’âge de la raison, naturellement j’ai été un enfant. C’est à cette belle époque que j’ai été initié à l’art d’argumenter. Grâce à mon père qui exerçait le commerce non seulement avec dévouement mais surtout avec une touche artistique – ce n’est pas par hasard que dans le milieu on l’appelait, l’Artiste. Une grande partie de son talent de commerçant et de son succès aussi était due à sa grande maîtrise de l’art de l’argumentation. Et comme il s’agissait de son seul moyen de nourrir ma mère, mes frères et soeurs et avec nous, comme si c’était pas assez, une armée d’autres coquins arrivistes, il fallait bien qu’il aiguise son talent de vendeur…qui consiste (vous l’aviez deviné je suppose) à avoir toujours raison. Car vendre un produit à un client n’a rien de scientifique. Et cela ne s’apprend pas au banc de l’école; encore moins en dépensant une fortune à HEC. Ces endroits tout au plus éduquent aux esprits comment gagner plus en dépensant moins. Mon père, lui, m’apprenait le contraire: comment dépenser plus quitte à réduire au minimum la marge de profit pour que le client soit le plus satisfait du monde. Et qu’il revienne nous voir. Et qu’il parle de notre enseigne à sa femme, à ses enfants, et à d’autres coquins arrivistes. 

On comprendra donc que la présence du livre de Schopenhauer dans ma bibliothèque personnelle n’a sensiblement rien de sourcilleux. L’amour de l’argumentation est, pour moi, une histoire de famille. Et c’est cette longue tradition familiale qui a vu naître en moi la passion de la communication pour que j’en fasse mon cheval de bataille. Une passion qui se poursuivait à l’âge de la raison, c’est-à-dire à l’université. Ce qui m’amène à aborder la deuxième raison. 

b. une passion, une profession:

 

à suivre.

 

 

 

 

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La dialectique éristique ou l’art d’avoir toujours raison -1-

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Voici le type de réactions que je reçois à chaque fois que mes invités découvrent dans ma bibliothèque privée le livre du philosophe allemand Artur Schopenhauer  Eristische Dialektik Dialectique éristique (connu sous le titre français: L’art d’avoir toujours raison): « hmm tu lis ça! On comprend mieux maintenant pourquoi tu réussis toujours à avoir le dernier mot. »

Inutile de vous exposer ici l’intégralité du débat qui s’engage à la suite d’une telle découverte de la part de mes visiteurs. Un débat qui ressemble davantage à une polémique si je me réfère à l’ampleur des dégâts qu’il risquait de causer si je ne faisais point preuve de sagesse en réorientant la conversation vers d’autres avenues avant qu’elle ne sombre dans des sentiers marécageux.  

Et pour cause. 

C’est que le fait d’avoir dans sa bibliothèque privée un livre d’un titre aussi tranchant – pour ne pas dire arrogant – pourrait créer un sentiment de provocation allant parfois jusqu’à l’intimidation aux yeux de certains esprits peu enclins aux rouages des débats d’idées et à ses multiples stratagèmes parfois fort complexes. Ce sentiment d’inconfort irait jusqu’à susciter chez ces derniers un malaise quand vient le moment de défendre leurs opinions ou – dans bien des cas – leurs propres intérêts. Vu sous cet angle, j’adhère amplement à leur septicité. 

Cependant, le but de mes propos ici est de traiter le sujet sous un autre aspect peu visible à l’oeil de l’observateur moins averti. Dans les lignes qui suivent, je tenterais de répondre de manière fort succincte aux questions suivantes: Quel serait l’intérêt d’avoir dans sa bibliothèque un livre comme celui de Schopenhauer? Serait-il possible ( ou même souhaitable) d’avoir toujours raison? À quelle stratégie de défense pourrait-on faire appel pour répondre à toute attaque personnelle? Enfin, quel serait le dernier recours quand on perd une cause, ce que Schopenhauer appelle « l’ultime stratagème » ? 

Avant de répondre à toutes ces questions, autant le dire tout de suite: il ne s’agit aucunement d’un texte scientifique ni d’une analyse rigoureuse de la dialectique éristique, qui demeure somme toute une branche de la pragmatique fort complexe faisant appel à des compétences non négligeables dans des domaines tout aussi variables que la philosophie du langage, la psychologie sociale, la communication interpersonnelle, la rhétorique et j’en passe. L’exercice auquel je m’apprête ici est beaucoup moins exigent puisqu’il s’agit en fin de compte de comprendre l’une des activités les plus populaires chez les humains toutes races confondues: argumenter. Étant donné qu’il nous est impossible de passer une journée sans se trouver à défendre quelque chose – si puérile, si vile, si mesquine, si anodine soit-elle – ou à essayer d’obtenir quelque chose de quelqu’un – si puérile, si vile, si mesquine, si anodine soit-elle -, on aurait donc tout à gagner si l’on s’attardait un peu sur ce qui nous anime tous en vue d’en comprendre les rouages, les mécanismes, les stratagèmes…

À suivre et en attendant la suite, je vous laisse avec cette bande-annonce du spectacle de Ismael Habia, portant sur le même thème:

De l’importance du rêve

Aujourd’hui, nous bouclons la série des articles consacrés au Lecteur des cadavres, particulièrement à l’immense désir d’apprendre et de surmonter les obstacles dont fait preuve le personnage principal, Cí Song (qui deviendra, rappelons-le, le premier médecin lėgiste de l’histoire).

Au moment où il devait convaincre les sévères membres de l’académie de droit de sa capacité à relever le défi en se faisant accepter au sein de la prestigieuse institution, on lui demande la raison de son entêtement. Et lui de répondre:

 

– Parce que c’est mon rêve.
Voici la suite: (dans laquelle, Cí Song s’étalera sur l’importance d’avoir un rêve, même lorsqu’il parait, aux yeux des autres, irréalisable et improbable, pour ne pas dire, futile et insignifiant).
Le vieux hocha la tête.
– C’est la seule raison? Un homme a existé qui rêvait de voler dans les cieux, mais après s’être jeté d’un précipice, tout ce qu’il a obtenu, c’est de s’écraser sur les rochers…
Cí contempla les yeux éteints du vieillard. Il descendit de l’estrade et s’approcha de l’homme au regard vide.
– Quand nous désirons quelque chose que nous avons vu, il nous suffit de tendre le bras. Lorsque ce que nous désirons est un rêve, nous devons tendre notre cœur.
– Tu en es sûr? Les rêves conduisent parfois à l’échec…
– Peut-être. Mais si nos ancêtres n’avaient pas rêvé pour nous d’un monde meilleur, nous serions encore vêtus de haillons.
Mon père m’a dit un jour (sa voix trembla en disant cela) que si je m’obstinais à construire un palais dans les airs, je ne perdrais pas mon temps. Car c’était sûrement là qu’il devrait être. Il suffisait que je fasse suffisamment d’efforts pour construire les fondations qui le soutiendront.

 

 

L’art de réaliser son rêve

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Dans le premier article consacré au roman Le lecteur de cadavres, j’ai promis de partager avec vous quelques extraits du livre susceptibles de nous inspirer quand vient le moment, à une période cruciale de notre vie, de faire le choix: céder ou persévérer dans le chemin qui conduit à la réussite et à l’épanouissement personnel. Chose promise, chose due.

En guise de prélude, j’aimerais évoquer un célèbre hadith de notre Prophète (le modèle suprême de persévérance et de tolérance), selon lequel, « Deux n’apprendront jamais: le timide et l’arrogant ». C’est exactement dans cet esprit d’apprentissage et des véritables obstacles que cela semble souvent occasionner, que s’inscrivent les quelques passages du roman auquel nous avons affaire ici.

Ces quelques passages du Lecteur de cadavres arrivent dans le roman au moment où Cí Song, le personnage principal – jeune paysan, inconnu, fugitif, affamé, sans abri ni famille- devrait convaincre les membres de la prestigieuse académie de droit où sont formés les meilleurs juges du pays. La tâche n’est pas mince. Loin s’en faut. Comme je l’ai mentionné dans l’article précédant, les juges de l’époque, de part leur mépris total de la médecine et des médecins, n’étaient pas obligés de connaître les rudiments de la médecine en général, encore moins de la médecine légale pour occuper leur poste à la magistrature. Cí Song viendra à un point nommé changer la donne…et les habitudes vieilles et désuètes, ancrées dans les mœurs sans nécessairement avoir envie de céder le chemin aux nouvelles pratiques scientifiques, que lui et son maître prennent le risque de leur proposer. Face au dénigrement total de sa personne et aux préjugés enracinés à l’encontre de la chirurgie, que devrait-il faire afin de se tailler une place de choix parmi les décideurs du pouvoir? Abandonner, en baissant les mains? S’il le fait, il n’existera plus. Voici comment il a choisi de réagir face au défi colossal qu’exige l’épineux parcours de celui qui veut apprendre.

Ni timide, ni arrogant. Sommes-nous prêts à agir de même?

Lorsque la présentation fut terminée, Ming céda l’estrade à Cí. C’était le tour des professeurs. Cí chercha parmi leurs visages une expression aimable, mais il se trouva face à une rangée de statues. Les premiers professeurs l’interrogèrent sur sa connaissance des classiques, un second groupe sur les lois et quelques autres sur la poésie. Ensuite, quand vient le tour des objections, un professeur maigre aux sourcils exagérément fournis prit la parole.

– sans aucun doute […], il est parfois difficile de distinguer entre l’éclat de l’or et le brillant du laiton…Cependant, et comme tu devrais le savoir, la résolution des crimes et l’application ultérieure de la justice exigent un examen qui dépasse les simples conjectures sur le qui ou le comment. La vérité ne resplendit que lorsqu’on comprend les motifs qui poussent à œuvrer, lorsqu’on comprend les inquiétudes, les situations, les causes…Quelque chose qui ne se trouve ni dans les blessures ni des les entrailles. Et pour cela il faut des personnes cultivées dans l’art, la peinture et dans les lettres.

Muet, Cí contemplait le professeur qui venait d’exprimer ses objections. Il admettait sa part de raison, mais divergeait sur son total mépris de la médecine. Si les juges se montraient incapables de distinguer une mort naturelle d’un assassinat, comment diable excerceraient-ils la justice? Il y réfléchit avant de répondre.

– Honorable professeur, je ne me présente pas ici pour gagner une bataille, le complimenta-t-il. Je ne prétends pas faire prévaloir le peu que je sais, ni abaisser le mérite de tout ce que savent les maîtres et élèves qui habitent cette académie. Je veux seulement apprendre. La connaissance ignore les murailles, les limites ou les compartiments. Elle n’entend rien non plus aux préjugés. Si vous m’acceptez parmi vous, je vous assure que je travaillerai aussi dur que le meilleur, jusqu’à abandonner, s’il le faut, ces viscères qui vous importunent tant.

Un gros professeur mou avec une bouche de cul de poule leva le bras pour intervenir…

– A ce que je vois, hier tu as flétri l’honneur de cette académie en faisant irruption comme un sauvage, et cela me rappelle un citoyen dont ses voisins me disaient: « D’accord, c’est peut-être un voleur, mais un merveilleux flûtiste. » Et sais-tu ce que je leur ai répondu? « D’accord, c’est peut-être un merveilleux flûtiste, mais c’est un voleur. »[…]

Quelle part de vérité y a-t-il en toi, Cí, Celle du garçon qui désobéit aux ordres mais qui lit dans les cadavres, ou celle du garçon qui lit dans les cadavres, mais désobéit aux ordres? Plus encore: pourquoi devrions-nous t’accepter dans l’académie la plus respectable de  l’empire un vagabond comme toi?

Cí frémit. Il avait donné pour acquis que Ming, en sa qualité de directeur, aurait fait prévaloir son opinion, mais, étant donné les circonstances, il décida de modifier son discours.

– Vénérable maître (de nouveau il s’inclina), je vous prie d’excuser mon inacceptable comportement. Ce fut un acte honteux qui n’a obéi qu’à mon inexpérience, à l’impuissance et au désespoir. Je sais que cela ne m’excuse pas, et qu’en tout cas je devrai montrer par des faits que je mérite votre confiance.

(Il fit une nouvelle révérence et se tourna vers le reste de l’assemblée).

Les hommes commettent des erreurs. Même les plus sages. Et je ne suis qu’un jeune paysan. Un jeune paysan avide d’apprendre. Et n’est-ce pas ce que l’on pratique ici? Si je connaissais toutes les règles, si je respectais tous les préceptes, si je n’abritais pas en moi la nécessité de connaître, pourquoi aurais-je besoin d’apprendre? Et comment pourrais-je alors éviter ce qui me rend imparfait?

J’ai aujourd’hui devant moi une opportunité aussi grande que la vie, car qu’est la vie sans connaissance? Il n’y a rien de plus triste qu’un aveugle ou un sourd. Et moi, dans une certaine mesure, je le suis. Permettez-moi de voir et d’entendre, je vous assure que vous ne le regretterez pas.

Quelle prestation! Si seulement nous devions agir avec la même perspicacité, le même souffle, la même conviction, la même reconnaissance des erreurs…et surtout, avec le même respect que nous doivent ceux qui savent beaucoup plus que nous…Nous serions tous de véritables leaders capables de changer le monde autour de nous.

Et quand venait le moment de lui demander: pourquoi voudrais-tu intégrer notre académie?, Cí Song ne trouva qu’une seule réponse (qui devrait être la nôtre) :

– Parce que c’est mon rêve.
Et vous, quel est votre rêve? Que faites-vous pour le réaliser?

 

A suivre…

« Le lecteur de cadavres », les origines de la médecine légale

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Je suis sur le point de terminer une corvée, une magnifique corvée qui a débuté vers la fin de l’année: la lecture du roman historique « Le lecteur de cadavres ».

Plus de 600 pages, une fresque romanesque richement documentée, une immersion éblouissante dans la Chine du XIIIe siècle avec toutes ses contradictions: ses bassesses, ses tartufferies, ses crimes, ses rites, ses « fleurs » – nom donné à l’époque aux vendeuses de charme; mais aussi ses érudits, ses lois, son raffinement, ses complots meurtriers. Ce sont les principaux ingrédients que nous propose l’auteur espagnol Antonio Garrido dans ce fabuleux roman historique de la Chine du Moyen-âge. Le roman met en scène la vie – tumultueuse – de Ci Song, un paysan qui a réellement existé, et qui a été condamné dès son très jeune âge à fuir son village natal pour un ou des crimes qu’il n’avait jamais commis. Bien au contraire. Des crimes qu’il est le seul à pouvoir résoudre grâce à son don inné d’abord, peaufiné par la suite, pour l’observation et l’analyse des causes et conséquences d’un crime…presque n’importe quel crime. Ces talents surnaturels lui valent le titre de « Lecteur de cadavres »; un titre qui s’avérera à la fois prétentieusement mérité et dangereusement porté.

C’est en plongeant dans la Chine du XIIIe siècle que nous comprenons un peu mieux les raisons du réel danger que court celui qui porte un tel titre. C’est qu’à l’époque, la médecine n’était en aucun cas considérée comme une science – mais plutôt un charlatanisme – qui ne pourrait jouir du respect de la communauté savante de l’époque (qui ne jure que par les Arts et les Lettres). D’autant plus, en Chine de l’époque il est strictement interdit de procéder à une chirurgie sur un corps vivant – ce qui serait considéré comme un crime. Encore moins sur un cadavre – ce qui serait totalement jugé comme un crime blasphématoire conduisant son auteur tout droit à sa mort. De telles considérations nous paraissent aujourd’hui hilarantes, pour ne pas dire stupides. Or, c’est ce que préconisent à l’époque les préceptes fondamentaux du confucianisme, l’une des plus grandes écoles  philosophiques, morales et politiques en Chine dont l’enseignement est développé à partir de l’œuvre philosophique attribuée à Kongfuzi  (551-479 av. J.-C.), connu en Occident sous le nom latinisé de Confucius.

Cela dit, l’intervention de Ci Song sur les cadavres doit se pratiquer dans la plus haute discrétion. Pire. Sous les ordres personnelles de l’Empereur. S’il arrive à identifier les causes du décès, c’est l’accès à la gloire. S’il échoue…c’est la mort.

Et c’est un peu cela le contexte socio-historique qui voit naître Ci Song, « Le lecteur de cadavres », considéré comme le premier médecin légiste de l’histoire.

Dans le prochain texte, je mettrai en ligne quelques passages du livre qui inspirent un immense enseignement en matière de persévérance, que j’aimerais partager avec mes chers lecteurs afin d’en tirer le meilleur des exemples à suivre quand vient le moment de faire le choix: céder ou persévérer dans le chemin qui conduit à la réussite et à l’épanouissement personnel.

 

A suivre…

Apagogie,ou le raisonnement par l’absurde

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Quand un psychopathe – pour des raisons haineuses, vicieuses ou autres – sème la terreur auprès des gens innocents pour la simple raison qu’ils lui sont totalement différents, on appelle cela: la barbarie.

Quand le même individu, pour les mêmes raisons, commettant les mêmes actes, subit son procès devant un tribunal compétent selon les règles de l’art telles que stipulées dans toutes les lois du monde civilisé, on appelle cela: la justice.

Maintenant, quand le monde (dit civilisé) terrorise un milliard et demi d’innocents, parsemés dans les quatre coins du monde – des côtes de la méditerranée jusqu’au fin fond du continent asiatique – rien que pour leur faire payer le prix du geste sanguinaire commis par le psychopathe d’en haut, on appellerait cela sans peur de se tromper: l’apagogie.

En termes plus clairs, il s’agit de ce que la science de la logique désigne par le raisonnement par l’absurde. Étonnant de constater, au-delà des mots sophistiqués, que la culture populaire a, elle aussi, son mot à dire sur ce sujet pédant. Au Maroc, on a une expression dialectale selon laquelle: Le minaret s’est effondré, le barbier est pendu. Quel lien de cause à effet, quel rapport pourrait-il bien exister entre l’effondrement d’un minaret et l’exécution par pendaison du pauvre barbier du quartier? Ne cherchez pas longtemps, il n’y en a pas. C’est aussi absurde que cela. C’est aussi cela, une apagogie. Reductio ad absurdum 

Sous-homme

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En lisant Ébauches de vertige du philosophe Roumain Cioran, je tombe sur ça:

 Entretien avec un sous-homme. Trois heures qui auraient pu tourner au supplice, si je ne m’étais répété sans cesse que je ne perdais pas mon temps, que j’avais quand même la chance de contempler un spécimen de ce que sera l’humanité dans quelques générations…

J’avais envie de dire à Cioran : Aujourd’hui ce spécimen s’est reproduit.